Envie de Beau – Projet de Documentaire

Voilà ce qu’il fallait. Un homme avec un cœur bien verdoyant.
Jean Giono, Que ma joie demeure

J’ai rencontré Jean-Philippe en 2015. Depuis, je le suis un peu partout et je le filme. Il a changé mon regard sur le vin, sur le métier de vigneron, sur la vie paysanne.

0D9A0540Jean-Philippe ne vient pas d’une famille de vignerons ni des Pyrénées Orientales. Et pourtant, il s’est installé à Calce, petit village du Roussillon, pour y cultiver la vigne et faire du vin. Son travail, et encore davantage son projet de vie, sont le résultat de choix personnels très précis ; ils témoignent d’une énorme passion, et de beaucoup d’intuition.

Calce est son « petit bout de caillou ». Ils sont devenus très complices, cet homme et cette terre. Leur histoire est une histoire de rencontre, d’émerveillement ; et de la possibilité de faire sa vie selon ses croyances et ses choix. Moi-même, j’ai été émerveillée par cette histoire, et j’ai alors décidé de la raconter.

Note d’Intention

A la différence d’autres vignerons qui ont hérité du métier (et des terres) de leur famille, Jean-Philippe n’a pas baigné dans cette culture. Il est tombé amoureux du vin, puis de la viticulture, et, enfin, de Calce. C’est à partir de cet engouement qu’il a pris les décisions qui ont changé le cours de sa vie. Il se redéfinit à partir de cette terre, de ce qu’il fait de cette terre et de ce que cette terre fait de lui.

Étranger dans ce village, et dans le milieu viticole, Jean-Philippe a dû construire sa propre place et se battre pour la garder. C’est à cette place légèrement décalée, et au point de vue privilégié qu’elle lui donne,  que je me suis intéressée pour faire mon film.

La nature de Calce est rude. Le sol est caillouteux et sec. Le vent frappe fort, parfois très fort, il arrache tout sur son passage. L’eau manque, et parfois arrive trop violemment. Le soleil est généreux, vibrant ; mais en temps de sécheresse, il ajoute à la brutalité de ces terres.

Et pourtant, Jean-Philippe arrive à faire des vins délicats et subtils. Il a appris à extraire ce que cet environnement peut donner de meilleur. Son parcours et ses réflexions offrent des leçons sur l’adversité et sur la recherche de l’harmonie dans un monde chaotique. Chaque bouteille de vin garde ainsi un petit message qu’il envoie à la planète.

 

Réalisation

Padie traitement 500p

Dans les images récoltées, Jean-Philippe parle très souvent ; mais il ne parle pas tout seul, il parle à la caméra, il me parle à moi. Nous construisons une relation de confiance. Il devient à l’aise devant ma caméra, il me raconte son parcours, il parle de ses idées, il digresse, il laisse parler son imagination, ses rêves. Le film se construit petit à petit comme un dialogue, comme une amitié qui se tisse.

A travers les discussions avec Jean-Philippe, et le suivi de son quotidien, j’essaie de comprendre les dimensions humaine, culturelle et spirituelle du travail de vigneron en tant qu’agriculteur, paysan, artisan.

Jean-Philippe parle toujours de l’importance de l’observation dans son travail. Il observe sa vigne, il observe la terre, et tout ce qui les entoure : le ciel, les montagnes, les animaux, le vent. Son vin est le résultat de cette observation respectueuse. J’apprends avec lui à observer. Je l’observe et je le filme.

Le tournage s’est écoulé d’une vendange à l’autre et un peu plus. J’ai découvert de nombreuses facettes  de son travail : le traitement de la vigne en bio et en biodynamie, la taille pendant l’hiver, les soins de printemps, la commercialisation du vin et les rencontres qui en découlent.

Cette observation au long cours a fortement imprégné la structure de mon film, construit sur des thèmes récurrents qui me serviront de fils conducteurs pour le montage : son rapport à la nature environnante, l’originalité de son processus de prise de décision, sa manière d’affronter l’adversité.

Les saisons

vendanges Mas

Au fil du changement des saisons, changent aussi les couleurs, les lumières, les oiseaux, les fleurs. Les images et les sons capturés pendant toutes ces périodes me permettent de rendre compte de la variété d’arômes, de saveurs et de sensations qui entrent dans le vin et qui composent ce terroir.

Ma caméra explore le territoire, pas seulement pour montrer de beaux paysages, mais pour comprendre la notion de terroir, si chère aux vignerons. Avec ce film, je veux aller au-delà des images traditionnelles de vignobles, de grappes de raisin, de jus et de vin coulant à flots. La terre de Calce est aussi faite de routes sinueuses, de champs entremêlés de sous-bois, de garrigue. Le paysage est aussi marqué par la présence à l’horizon de la mer d’un côté, et des montagnes de l’autre. Il s’agit ici d’une tentative de rendre en images ce qui ressort (du monde) des sensations.

 

Le choix esthétique

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La beauté de l’imperfection, les petits défauts qui deviennent comme des grains de beauté, comme des marques de distinction, que l’on peut voir dans les arbres, les champs, les vieilles maisons du village, imprègnent les images. Ces imperfections m’évoquent le wabi sabi, ce concept japonais qui cherche la beauté dans ce qui a été usé, cassé et réparé, dans ce qui garde les marques du passage du temps. Je cherche ainsi à dévoiler la beauté d’une souche de vigne sèche, d’un vieux mur en pierre, de petites fleurs timides qui poussent parmi les cailloux. Et cela me sert à expliquer un peu plus le regard que je porte sur mon personnage.

Parce que Jean-Philippe, selon son entourage – les autres vignerons, sa famille – est un peu poète. Il cherche toujours la beauté dans l’adversité. Jean-Philippe doit constamment se battre contre des obstacles très concrets – une nature contraignante, des difficultés administratives et financières ; pourtant, ses solutions, son inspiration, il va les chercher dans un passage de littérature, ou un morceau de musique. Pendant que d’autres vignerons ne raisonnent que par rendement, ou litres de vin par hectare, Jean-Philippe, lui, parle rarement de chiffres.

Jean-Philippe refuse de se faire domestiquer, cloisonner, formater. Il perd jamais de recul, ses vignes font pour lui partie de l’environnement où elles sont enracinées. Si d’autres vignerons mettent des clôtures pour que les bêtes ne mangent pas leurs raisins, Jean-Philippe croit au partage. Il récolte moins qu’il ne pourrait, mais cela lui importe peu. Il fait partie du paysage et le paysage fait partie de lui. Il m’explique qu’il a « envie de beau », un concept qu’il emprunte à un livre de Jean Giono, Que ma joie demeure, où l’arrivée d’un homme providentiel change la vie d’un village, réintroduisant le goût pour la beauté qui avait été perdu. Je vois Jean-Philippe évoluer à Calce et il me fait penser à cet homme.

Le film qui se dessine dans mon imagination est ainsi, intime et personnel, à la recherche de la beauté nichée dans le quotidien, le travail, la vie d’un homme. Ce film est le témoin des changements presque imperceptibles induits par le temps qui passe, dans la vie de Jean-Philippe et dans ma propre vie.

 

Financement participatif – cliquez ici pour nous aider à finir ce film

Jean Philippe a choisi son chemin de vin et de vie ; il a choisi son métier et son endroit. Il nous apprend qu’il est possible de vivre selon ses propres choix, mais pas tous seuls : il a confié son histoire à notre caméra, et maintenant nous avons besoin de votre soutien pour la partager.

Pour ces raisons, et pour vous donner l’opportunité de connaître Calce, Jean-Philippe et ses vins, nous avons créé ce financement participatif.

Cliquez sur le lien pour participer ! https://www.helloasso.com/associations/violeta/collectes/envie-de-beau-jean-philippe-padie-poete-du-vin-un-documentaire

Merci

Contreparties

10 euros – remerciement dans le génériques de fin du film
25 euros – accès au lien de diffusion du film + contreparties précédentes
50 euros – tire bouchon gravé avec le titre du film + contrepartie précédente
100 euros – tee-shirt avec le titre du film + contreparties précédentes
150 euros – bouteille de Fleur de Cailloux avec étiquette commémorative du film + contreparties précédentes
400 euros – weekend à Calce, comprenant: nuit pour 2 personnes dans la Maison d’hôtes FaceB, le matin une belle promenade dans les vignes, une dégustation des vins au caveau et un déjeuner pour 2 personnes dans le restaurant Le Presbytère accompagnés par Jean-Philippe et la réalisatrice du film.

Objectif: 10.000 euros

L’argent servira à:
Faire des prises de vue supplémentaires
Payer les droits musicaux et d’auteur
Finir le montage
Payer la post-production (étalonnage, mixage son)
Contribuer aux frais de distribution du film

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